Football

Fabio Grosso viré après quatre matchs à la Fiorentina (et ce n’est pas son « record »)

Photo Antonio Fraioli · CC BY-SA 4.0 · recadrée
Photo Antonio Fraioli · CC BY-SA 4.0 · recadrée

La Fiorentina a démis son entraîneur Fabio Grosso dimanche soir, après trois défaites en autant de journées de Serie A. Un couperet jugé express en Italie, sauf que ce n’est même pas la chute la plus rapide de l’intéressé : il a déjà été remercié au bout de vingt-sept jours, et remplacé par un coach… qu’il était lui-même venu remplacer.

Quatre matchs à Florence, dont un seul gagné

Nommé le 8 juin 2026, Grosso n’aura pas passé l’été. Quatre matchs officiels, une victoire en Coupe d’Italie pour commencer, puis trois défaites d’affilée dès l’ouverture du championnat, et la Fiorentina tranche le dimanche soir de la troisième journée. Trois mois de contrat, dont deux de préparation : on ne peut pas dire que Grosso aurait fait de vieux os au sein de La Viola…

La brutalité du calendrier a tout de même de quoi surprendre pour un club qui l’avait recruté sur un CV de bâtisseur, avec deux montées en Serie A au compteur. Elle est pourtant devenue une habitude dans la carrière de Grosso : c’est en effet la troisième fois qu’un club installé dans l’élite se sépare de lui… avant le dixième match. Brescia l’avait fait en 2019, l’Olympique lyonnais en 2023, après sept rencontres et un bilan d’une victoire, deux nuls et quatre défaites.

Nombre de matchs dirigés par Fabio Grosso à chacun de ses huit postes d'entraîneur depuis 2017

Vingt-sept jours à Brescia, entre deux mandats du même homme

Le vrai record est ailleurs, et il raconte surtout l’époque Massimo Cellino. Le 3 novembre 2019, le président de Brescia limoge Eugenio Corini après la onzième journée et une défaite à Vérone. Deux jours plus tard, il installe Grosso sur le banc d’un promu en pleine lutte pour le maintien. Le 2 décembre, après trois défaites consécutives, l’aventure de Grosso est déjà terminée.

Le détail qui fait la différence avec un limogeage ordinaire, c’est le nom de son successeur : Cellino rappelle… Eugenio Corini. Oui, celui-là même qu’il avait congédié quatre semaines plus tôt ! Grosso n’aura donc été qu’une parenthèse de vingt-sept jours entre deux mandats du même entraîneur. Le bilan de cette parenthèse est sans appel : 0-4 contre le Torino, 0-3 contre l’AS Roma, 0-3 face à l’Atalanta dans le derby du Rigamonti, dix buts encaissés et aucun marqué. La suite n’a rien arrangé pour personne : Corini a été démis une seconde fois le 5 février 2020, remplacé par Diego López, et Brescia est descendu en terminant dix-neuvième.

2 ans à Frosinone, 2 ans à Sassuolo…

Confiez-lui un club à reconstruire et le même entraîneur devient increvable. À Frosinone, entre mars 2021 et juin 2023, Grosso dirige 86 matchs et obtient la montée en Serie A avant de partir en fin de contrat. À Sassuolo, de juin 2024 à juin 2026, il en dirige 81 et valide une nouvelle accession le 12 avril 2025. Deux clubs, deux projets de Serie B menés à leur terme, deux promotions.

Ses débuts avaient d’ailleurs suivi la même logique : 46 matchs à Bari en 2017-2018, 36 à Vérone la saison suivante, 25 à Sion en 2020-2021. Le contraste avec l’autre versant est brutal. Frosinone et Sassuolo cumulent à eux deux 167 matchs, soit une moyenne de 83,5 par mandat, quand Brescia, Lyon et la Fiorentina n’en totalisent que 14 à eux trois, à peine 4,7 avant chaque renvoi. Le même homme tient donc dix-huit fois plus longtemps quand on lui demande de faire monter une équipe que lorsqu’on lui demande d’en tenir une déjà arrivée.

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