Cyclisme sur route

Gagner la Vuelta rapporte à peine plus que perdre au premier tour de l’US Open

Deux coureurs dans une montée du Tour d'Espagne

La Vuelta s’achève dimanche à Grenade, au terme de trois semaines de course et de 3 275 kilomètres. Le coureur qui portera le maillot rouge sur la dernière ligne touchera 150 000 euros, soit à peine plus qu’un joueur de tennis battu dès son premier match à l’US Open, au même moment, à New York.

150 000 euros pour trois semaines, 11 000 pour une étape

Le barème du Tour d’Espagne tient en quelques lignes. Le vainqueur du classement général empoche 150 000 euros, son dauphin 57 985, le troisième 30 000. À côté, les maillots annexes font figure de gratifications : 13 000 euros pour le meilleur grimpeur, 11 000 pour le meilleur jeune, autant pour le classement par points.

Gagner une étape rapporte elle aussi 11 000 euros, 5 500 pour le deuxième et 2 700 pour le troisième. Le prix de la combativité, lui, vaut 200 euros par jour de course, et 3 000 euros pour le super-combatif de l’épreuve entière. Mis bout à bout, tout ce que la Vuelta distribue en trois semaines à ses coureurs et à ses équipes représente 1 116 210 euros, soit moins que ce que Roland-Garros verse à trois de ses quarts de finalistes.

Comparaison des primes versées à l'athlète en 2026 sur la Vuelta, le Tour de France et Roland-Garros

À Roland-Garros, sortir d’entrée = 87 000 euros

Pas besoin de traverser l’Atlantique pour mesurer l’écart : Paris suffit. Le vainqueur du simple à Roland-Garros a touché 2 800 000 euros cette année. Un joueur battu au premier tour, en deux heures de jeu et sans avoir gagné le moindre match (hors qualifs évidemment), est reparti avec 87 000 euros. Et celui qui a chuté en huitièmes de finale en a encaissé 285 000, soit près du double de ce que rapporte la victoire finale sur la Vuelta…

À New York, c’est encore un cran au-dessus. L’US Open verse cette année 140 000 dollars à chaque joueur éliminé dès son premier match, 27% de plus que l’an dernier, et 5,5 millions de dollars à son vainqueur. Le tournoi distribue au total 108 millions de dollars, en hausse de 20%, quand Roland-Garros en répartit 61,7 millions d’euros sur la même durée.

Ce que la comparaison ne dit pas

L’écart est réel, mais les deux métiers ne se financent pas du tout de la même façon. Un coureur cycliste vit d’abord de son salaire d’équipe, versé douze mois par an, et l’usage veut qu’il partage ses primes avec ses coéquipiers et le personnel qui l’entoure. Un joueur de tennis, lui, ne gagne que ce qu’il va chercher lui-même, tournoi après tournoi, et paie son entraîneur, son préparateur et ses déplacements sur cette somme.

Quant au football, il ne joue tout simplement pas dans la même cour : sur une seule saison de Ligue des champions, l’UEFA reverse près de 2,5 milliards d’euros à trente-six clubs, dont 6,5 millions au seul vainqueur de la finale. La différence, c’est que cet argent va au club, pas au joueur, et qu’il finance des salaires plutôt qu’il ne les complète. La comparaison n’a donc pas le même sens.

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